Et c'est si dur... Et c'est si dur de combattre le temps, de vouloir le suspendre le temps de quelques larmes, le temps d'un moment de répis.
Et c'est si dur de voir les minutes, les heures et les journées courir devant nous, en ayant l'impression de ne pas pouvoir ni les rattraper, ni les arrêter.
J'aurais voulu que le monde s'arrête là. En cette nuit du 6 septembre. J'aurais voulu que les gens cessent d'avancer comme si tout allait pour le mieux.
J'aurais aimé que chacun souffre à chaque minute qui passe, comme moi je souffre...
J'avais espéré que le temps appaiserait ma peine. J'ai voulu croire que d'heure en heure, de journée en journée et que de semaine en semaine, tout deviendrait plus facile... J'y ai cru...
Et j'ai eu tort.
Tort de penser que mon coeur s'allégerait en ci peu de temps. Tort de penser que tout deviendrait plus facile au bout d'un moi...
La douleur ne fuit pas un coeur brisé. Elle change & elle le change.
Il y a la douleur de l'annonce, celle du choc. Cette douleur si étrange que vous ne savez plus si le monde extérieur existe encore. Si étrange que vous ne savez pas si vous devez rester, partir, sortir ou vous enfermez.... Cette douleur si forte qu'elle vous anesthésie tout le corps l'espace de quelques jours...
Puis vient une autre douleur. Celle du vide, de l'absence et du manque.
Contrairement à la première qui n'est que passagère, celle-ci s'immisce en vous par vagues, vous saisie, vous poignarde et devient ingérable par moment.
C'est la tristesse d'un soir de nostalgie. C'est la solitude mélangée à la mélancolie, quand, balladeur dans oreilles, une chanson, une voix, un geste vous rappelle à cet être que vous avez aimé.
Ce sont des regards vides.
Des moments de joie auxquels se succédent des larmes qui vous rappellent que, non, tout ne va pas bien.
C'est quand vous avez l'impression que personne ne se rend compte, que tout le monde a oublié, que les gens de savent pas quoi vous dire. C'est quand, tout simplement, vous vous sentez seul au milieu de votre peine.
Ce sont tous ces moments papa qui me rappellent que tu n'es plus là. C'est quand même entourée des meilleures personnes qui font partie de ma vie, je me sens seule. C'est quand, sans savoir pourquoi, je fuis ceux que j'aime et qui sont autour de moi, pour aller m'isoler...
Ce n'est pas une minute dans une vie, ce n'est pas une goutte d'eau dans un vase... Non papa, c'est un ras-de-marrée que tu as créé dans mon coeur. Ce n'est pas le temps d'une heure par jour que je pense à toi papa... Non, c'est chaque seconde qui passe...
Tu peuples mes journées, mes heures et mes semaines. Tu peuples mes nuits, mes cauchemards et mes rêves.
Mais, finalement, tant que tu vis dans mes pensées papa, j'ai l'impression que tu es encore un peu avec moi